Chapitre · Résistance
Porédaka, 13 novembre 1896
Le 3 novembre 1896, Timbo tombe. Dix jours plus tard, à Porédaka, l'armée du dernier almamy indépendant est détruite en quelques heures.
Une convergence, pas une invasion
Trois colonnes — venues du Sénégal, de la Guinée et du Soudan français — convergent sur le massif au cours de l'année 1896. Elles ne marchent pas seules : des contingents peuls hostiles à Bôcar Biro les accompagnent, dont, selon plusieurs récits, ceux du camp d'Alpha Yaya de Labé.
Bôcar Biro avait feint d'accepter un traité, puis l'avait contourné. Le rapport de force est celui de l'artillerie contre la cavalerie : la bataille est courte. Capturé peu après, il est exécuté.
Ce que la date clôt
Porédaka ne met pas fin au Fuuta comme société — les lignages, les villages, les écoles coraniques continuent. Elle met fin à l'almamiyat comme État. Les chefs de province qui ont pactisé conservent quelques années une autonomie de fait ; en 1905, puis en 1911, l'administration coloniale la reprend, et Alpha Yaya finit déporté.
Sources
- « Bataille de Porédaka », Wikipedia (fr)
- « Bokar Biro », Wikipedia (en)
- Boubacar Barry, Senegambia and the Atlantic Slave Trade (Cambridge, 1998)