Capítulo · Institutions
Alfaya et Soriya : gouverner à deux lignées
Karamoko Alfa incarnait la légitimité savante, son cousin Ibrahima Sori la force militaire. À la mort du premier, vers 1751, le second lui succède — et la distinction entre les deux hommes devient une division entre deux lignées.
Une alternance codifiée
Les descendants de Karamoko Alfa forment le parti alfaya, ceux d'Ibrahima Sori le parti soriya. Plutôt que de laisser la rivalité détruire l'État, le Fuuta institue une alternance : chaque lignée occupe la charge d'almamy à tour de rôle.
L'arrangement est remarquable — il transforme une guerre de succession en rotation réglée — et il est précaire : chaque passation rouvre la question, et chaque province choisit son camp.
Ce que la rivalité a coûté
À la fin du XIXᵉ siècle, la France trouve un pouvoir central affaibli par ses propres règles. Les colonnes de 1896 n'affrontent pas un Fuuta uni : elles avancent au milieu de contingents peuls dont certains combattent l'almamy en place. La rivalité n'a pas causé la conquête, mais elle en a fourni les conditions.
Sources
- « Imamate of Futa Jallon », Wikipedia (en) — factions Alfaya / Soriya
- Joseph E. Harris, The Kingdom of Fouta-Diallon (webFuuta)