Né Ibrahima Musa Sambeghu (aussi Alfa Ibrahim), Karamoko Alfa appartient au lignage Sedianke des Barry de Timbo. Son père, Alfa Ba, lance l'appel au jihad contre les chefferies non musulmanes du massif (Susu, Yalunka) au milieu des années 1720, mais meurt avant la conclusion du combat.
Autour de 1726–1727, après la victoire décisive de Talansan, neuf ulama peuls — un par province (diwal) — élisent Ibrahima Sambeghu comme chef du jihad. Il prend le titre d'almamy et fixe la capitale politique à Timbo, tandis que Fugumba demeure le pôle religieux où se déroule l'intronisation : turban à neuf tours, insignes remis par le chef de Fugumba.
L'État qui naît est une confédération théocratique : l'almamy ne gouverne directement que le diwal de Timbo ; les huit autres provinces gardent une large autonomie sous des chefs issus des lignages savants. Vers 1748, ses dévotions excessives le rendent inapte au gouvernement de fait ; son cousin Ibrahima Sori assure la direction avant de lui succéder formellement à sa mort, vers 1751.
Sources
- Joseph E. Harris, The Kingdom of Fouta-Diallon (extrait webFuuta) — cérémonie d'intronisation à Fugumba
- « Karamokho Alfa », Wikipedia (en) — synthèse biographique
- « Imamate of Futa Jallon », Wikipedia (en)
المصادر
- Wikipedia (en), Karamokho Alfa. Nom, jihad, rôle de premier almamy
- Joseph E. Harris, The Kingdom of Fouta-Diallon, chap. 2, webFuuta (extrait). Intronisation à Fugumba, neuf karamokos
- Wikipedia (en), Imamate of Futa Jallon.
- Thierno Diallo, Les Institutions politiques du Fouta Dyalon au XIXᵉ siècle, Dakar, IFAN, 1972. Fondation de l'almamiyat et conseil des anciens
- Alfâ Ibrâhîm Sow (trad.), Chroniques et récits du Foûta-Djalon, Paris, Klincksieck, 1968. Chroniques du jihad